Astronomie, religion, mythes et destin

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Coricancha, le temple du Soleil, était le véritable centre de l'empire Inca. Du temple partaient 42 lignes imaginaires ("ceques") dans toutes les directions. Ces axes passaient par des sanctuaires, des huacas (cf. "vat'faire voir chez les Incas").

Il y avait 7 à 9 huacas par "ceque" pour un total de 328. Un jour était attribué à chacun, mais il reste donc 37 jours pour faire une année complète, qu'en était-il de ces 37 jours? Certains avancent que celà correspond exactement à la durée où les Pléiades trop proches du Soleil restaient invisibles à Cuzco. 


 

Astonomie et religion: 

La voie lactée, dans les Andes, est si lumineuse que l'on perçoit même des nuages de poussières interstellaires, les Incas avaient appris à en reconnaître tels que le "lama" (Iluthu), le "crapaud" (hanp'atu), le "serpent" ou le "renard".

La voie lactée marquait pour les Incas la frontière entre entre les vivants et les morts et constituait un pont emprunté par les défunt lors de leur retour annuel sur terre.

La chasse faite par les Espagnols de toute autre adoration que le vrai Dieu favorisa le syncrétisme. Par exemple, les paysans faisaient preuve de grande piété devant la constellation de la Croix du Calvaire (cruz calvario) qui symbolise l'idée de mort et de résurrection. Cette piété cachait la volonté de faire survivre certaines croyances autochtones et très anciennes. Fin des années 70, Urton étudie la communauté Misminay, près de Cuzco. Le cillage se divisait en 4 "quarts", délimités par deux routes qui se coupaient au centre du village. L'un s'étendait du Nord-Est au Sud-Ouest, et l'autre du Sud-Est au Nord-Ouest. Cette division en quatre caractérisait encore certains villages du Pérou et de l'Equateur et il semble que cette pratique existait depuis l'époque Inca. Urton pense que ces routes indiquaient les quatre points du lever et du coucher du soleil lors des solstices. Ces routes unissaient donc  des notions de l'Espace (croix intercardinale) et du temps (croix solsticiale). Les Incas tentent d'unir ainsi l'espace et le temps en un tout. Le premier axe joignait le lever du soleil à l'horizon lors du solstice d'été (Nord-Est) et à celui du coucher du soleil lors du solstice d'hiver (Sud-Est) à celui du coucher du soleil lors du solstice d'été (Nord-Ouest). Ainsi la localisation des étoiles impliquées dans les deux solstices devenait aisée et l'espace était intimement lié au temps. Ainsi, la saison sèche et la saison humide se fécondent chaque année, continuellement.

C'est des cieux (Viracocha) que les hommes ont reçu le corpus de traditions et de techniques agricoles. La religion enseigne que sur la voûte céleste se lisaient les règles et obligations des hommes. La voie lactée ("mayu", rivière) séparait l'univers des vivants et des mondes inconnus. Des ponts franchissaient cette frontière et permettaient l'accès aux royaumes du surnaturel. Les dieux et les esprits des morts utilisaient ces ponts pour rejoindre le monde des vivants.

Les Incas avaient établi un calendrier des tâches et de leurs rituels basé sur les positions saisonnières de la branche de la galaxie qui abrite le Lama Céleste. Ainsi dans les rites saisonniers, ce sont des informations utiles sur le plan "économique" qu'en retiraient les Incas. 

 Astronomie, religion, mythes et destin:

Pour Willial Sullivan ("Le Secret des Incas"), les mythes servent pour les Incas à perpétuer les connaissances des étoiles, des évènements célestes et de leurs corrélations terrestres. Ainsi l'histoire s'inscrit dans les cieux et celui qui sera prévoir des événements dans les étoiles pourra prévoir le futur sur terre. 

Mythe de la création: 

(cf.: Va t'faire voir chez les Incas) " Sur les rives du lac Titicaca, il y a très longtmeps, surgit un homme barbu muni d'un bâton. Il gagna l'île du même nom et commanda au Soleil d'apparaître, aux étoiles et à la Lune de surgir. Les astres lui obéirent et dans l'argile, il modela alors des hommes et des femmes. Ces couples furent créés afin d'être les ancêtres de chaque tribu des Andes. Le créateur offrit à chacun de ces couples un langage, des graines, des coutumes et des traditions. Enfin, il leur insuffla la vie et leur dit d'aller sous la terre afin de réapparaître sur leur territoire respectif. Ainsi ils jaillirent des grottes, des sources,..."

Les lieus de résurgence des couples se nommèrent "pacarina" et chacune des tribus détermina son huaca (représentation de l'ancêtre de chaque tribu sous forme d'un animal associé à une constellation,...). Ainsi l'huaca rappelait l'origine céleste de chaque tribu car chaque huaca était associé aux astres. L'ancêtre mort, revenait à son lieu d'origine dans les étoiles symbolisé par l'huaca. Ainsi le territoire de chaque tribu prenait la place sur terre comme une constellation occupe une part de la voûte céleste. Sur la voûte céleste, les étoiles malgré leurs situations différentes se déplacent harmonieusement (comme le travail communautaire dans les Andes). Sur terre, les peuples malgré leurs différences (longues, coutumes,...) sont tous issus du même créateur. L'astronomie est une cartographie des peuples des Andes.

Mythe du Lama et du Renard: 

"Il y a bien longtemps, un berger rejoignait inquiet son troupeau de lamas car ceux-ci ne mangeaient plus et ne buvaient plus. Toute la nuit, ils observaient le ciel et pleuraient. Le berger leur dit avec colère:"Vous avez les meilleurs pâturages, vous recevez l'eau la plus pure et sans arrêt vous pleurez". Un lama répondit comme un homme: "tu vois les étoiles par dessus le mont Vilcacoto, elles nous disent que dans un mois exactement le monde subira un déluge". Le berger convaincu par ses paroles, alla chercher sa famille et se réfugia au sommet de la plus haute montagne en compagnie des animaux sauvages. Il finit par pleuvoir tant et tant que le seul que seul le sommet de la montagne échappa à cette eau. Vu leur peu de place au sommet un renard glissa et trempa sa queue dans l'eau. C'est depuis ce jour que les renards ont la queue noire".

Il est intéressant de savoir que les Incas donnaient les nom de lama et de renard à des constellations d'étoiles. Doit-on y voir un lien dans ce mythe?

Il faut également savoir que vu l'altitude et la qualité visuelle qu'elle procure, il est tout à fait possible de voir dans le ciel des Andes des nuages de poussières interstellaires dans le voie lactée. Ces nuages noirs font aussi parties de l'astronomie Inca que les chamans observaient d'ailleurs du sommet des montagnes.

Mais quel est donc ce groupe d'étoiles que le lama épiait? Etait-ce le lever du soleil à l'Est qu'ils attendaient en pleurant? Si on traduit le nom de la montagne (Vilcacoto): "montagne des tas de soleil", on aurait tendance à penser qu'il s'agit bien du lever solaire que les lamas attendaient. Ou peut-être du lever héliaque (dernière étoile visible avant le lever solaire). Le tas de soleil pouvant être en l'occurrence les pléiades et sans doute le lever héliaque des pléiades.

Le lama du mythe est probablement le lama astronomique c'est à dire un nuage de poussière interstellaires bien connu des Incas. Donc, il semble que la constellation Inca du lama (se trouve à l'Ouest) observait l'Est dans l'attente d'une catastrophe. Sans doute, attendait-il le lever héliaque des pléiades à l'Est. Mais que devait-il se passer?

Mais quelle était la position des astres à cette époque-là? C'est qu'avec le temps, les astres n'ont plus la même position dans la voûte celeste! C'est la précession. Y a-t-il eu un moment où le lama se couche quand les pléiades se lèvent?

En outre, il faut savoir que dans les vieilles traditions andines, la très haute montagnt est associée au solstice d'été. Les prêtres se rendaient alors sur la montagne la plus haute du monde (vilcanota) que ceux-ci comparaient à la position la plus septentrional du soleil dans le ciel.

Donc comme l'indique le mythe, cela doit se passer 30 jours avant le solstice d'été.

William Sullivan, trouva de l'aide dans sa recherche grâce à des experts du planétarium de Boston. Ils recherchèrent donc l'année om l'on pouvait observer les levers des pléiades un 21 mai. Ils en arrivent à conclure que le rendez-vous entre Lama des pléiades et le Soleil (solstice d'été) se déroule en 650. Et miracle, si on observe le solscitce d'hiver en décembre 650, on s'aperçoit que la constellation du renard a la queue coupée par l'horizon (queue dans l'eau et devient noire dans le mythe).

Mais pourquoi ce mythe? Que se passe-t-il de si important à cette date pour être inscrit ainsi dans un mythe qui nous est parvenu à ce jour? Simplement, ce jour-là, pour la première fois, le lever héliaque de la voie lactée acait cessé de se produire lors du solstice d'été. Cette voie lactée qui était pour les peuples andins la mayu (rivière), une passerelle entre le monde des vivants et celui des êtres surnaturels, des ancêtres, des dieux. en 650, cette passerelle entre les 2 mondes rompt pour toujours puisque le soleil du solstice d'été s'est dissocié d'elle lors de son lever et le territoire des dieux est devenu inaccessible. C'est le début de 8 siècles de guerres civiles et la fin d'une longue période de paix et d'harmonie initiée par le mythe de la création (200 ans av J.C.).

Voilà ce qu'annonçait le mythe du lama et du renard. 

 Mythe: les derniers jours de Viracocha sur terre:

"Viracocha, très âgé, se préparait à quitter la terre. Il rencontra avant le père de Manco Capac ("apu tambo") à qui il confia un morceau de son bâton. Manco Capac deviendra le premier empereur mythique Inca. Ensuite Viracocha quitta le monde par le rivière Cachamarca."

Dans les mythes, les dieux sont souvent associés à des planètes. On attribue Saturne à Viracocha alorq ue le peuple Inca se considère comme le peuple de Jupiter. La rencontre de Viracocha et le père de Manco Capac devait se traduire par une conjonction de Saturne et Jupiter (a lieu tous les 20 ans).

Après une observation minutieuse de l'année 650, il y z une conjonction entre Jupiter et Saturne au couché du soleil au gémeaux. Il s'agit tout juste de l'endroit exact om se trouve l'entrée du monde surnaturel des dieux. Et exactement, le lendemain matin, apparaît un divorce entre la voie lacté et le soleil contrairement aux années précédentes. Le pont est rompu entre le terre et les dieux. Il est temps pour Viracocha de rejoindre l'autre monde.

Depuis toujours, les peuple andins avaient observé les étoiles et avaient consataté que chaque apparition ou disparition de la voie lactée à partir de 200 av J-C correspond précisément au moment les plus important et souvent dramatique de l'histoire andine, et cela n'avait pas échappé aux Incas. Ces coïncidences entre évenements célestes et faits réels vont mener les incas à croire que l'astronomie détenait le secret de leur destin.

Les incas étudiaient les cieux et ont cru pouvoir relier astronomie et destin. En quête de sens sur la mécanique céleste, il pense pouvoir y lire leur destin.

Autre fait troublant, un siècle avant l'arrivée des espagnols, l'empereur de l'époque fait la prédiction suivante: ( empereurs me succéderont avant la destruction totale de l'empire. Le cinquième était Atahuallpa lors de la conquête espagnole. Cette prophétie dérange car certains disent qu'elle a été inventée à postériori.

""Au milieu de la voie lactée, un lama se rend à la rivière chacune des nuits et boit tout son contenant d'eau sinon le monde serait noyé"

Depuis toujours, au solstice, la constellation du lama présent dans la voie lactée qui annonce l'endroit où se lève le soleil. En 1432, ce lien entre le soleil et voie lactée n'est plus que ténu. Un siècle plus tars, la voie lactée faussera compagnie au soleil. Ce qui, dans la vision cosmogonique inca, romprait un pont entre le ciel et la terre. Un horrible parrallèle avec ce qui s'est passé en 650 se dessine. A l'aube du solstice d'été 1532, la voie lactée a perdu contact avec l'horizon au lever du soleil, c'est alors que les espagnols arrivent.

Le 15 novembre 1532, 170 espagnols en position affaiblie battent 40 000 incas. Les espagnols ne sont que l'instrument du destin. Avant même l'arrivée des conquistadores, les incas avaient vu leurs ruines dans les étoiles et celà les a conduit à leur perte.